Non aux commissions Theodule

Comme je le disais dans mon dernier post, on ne DELIGITIME pas impunément les élus par une convention citoyenne ou par une commission même indépendante.

Le premier ministre a commis une grave erreur en choisissant une commission indépendante pour réécrire un texte écrit par l’Assemblée quand bien même ce texte fut imparfait.

La crise avec le parlement fut immédiate. C’est en effet faire peu de cas du Parlement. c’est aussi alimenter l’idée que le Parlement ne serait pas indépendant de l’exécutif.

Et si nous respections un peu mieux le fonctionnement de nos institutions ? Dans les deux exemples, la convention citoyenne ou la commission ad-hoc, on tord le bras de l’organisation des pouvoirs publics.

Il est grave que le Parlement soit réduit à voter l’application des décisions du gouvernement, du conseil scientifique, du conseil de défense, des conventions citoyennes, d’une commission indépendante…

Non aux conventions citoyennes

Alors que des projets de conventions citoyennes s’élèvent, voici ce que j’en pense :

Personnellement, je suis très réservé vis-à-vis des Conventions Citoyennes :

Elles n’ont pas de légitimité par rapport aux règles de la démocratie représentative et aux 500 000 élus,

Elles sont passablement manipulées par les experts,

Leur coût est exorbitant plus de 5 millions €,

Et SURTOUT, les réflexions hors sol ne prennent pas en compte la RÉALITÉ … vécue tous les jours par les élus !

Dans ces conditions, mieux vaudrait développer un changement de paradigme managérial pour tous les responsables de façon à enrichir le paradigme pyramidal !

En effet, l’ordre républicain comme l’ordre pyramidal tuent les velléités d’intelligence collective.

Le renouveau démocratique passera par le changement de paradigme managérial qui intègre l’excellence décisionnelle qui s’appuie sur la confrontation sans tension et qui légitime les décisions.

Ce qu’on voit et ce qu’on voit moins

Inventer un modèle hybride pour sortir de modèle pyramidal et féodal

Dans notre beau pays, il y a … ce que l’on entend dire et ce que l’on va bientôt entendre ou subir !   

On voit, d’un côté, des services hospitaliers surchargés, les personnels soignants débordés et les nombreux malades de la Covid. On entend les responsables expliquer sur les medias qu’ils font tout pour juguler le virus, contre vents et marées.

D’un autre côté, on voit moins les milliers d’entreprises qui vont peiner, voire disparaître en silence ; on leur distribue bien quelques subsides, pour se donner bonne conscience, mais, au final, on les laissera largement à leur sort.

Nous sommes en crise, et le propre de la crise est de révéler les faiblesses d’une organisation et de risquer d’en saper la légitimité … surtout lorsque l’exécutif s’enfonce dans un modèle pyramidal et jacobin, (je décide et tu exécutes) risquant ainsi de réveiller les envies de révolte, voire de révolution.

Sa tâche est pourtant bien plus difficile que ne le croient tous ceux qui, souvent à titre individuel, ont des solutions toutes faites. Il lui faut concilier les contraires (santé / économie) et parer à l’urgence qu’impose le virus et sa propagation. Le Président a la responsabilité de la santé des 66 millions de français.

Je ne résiste pas au plaisir de présenter le « YAKA » bien théorique d’un éminent professeur de management  : « … il y a deux façons de gérer un goulet d’étranglement : réduire les flux entrants, ou augmenter la capacité de traitement. Le confinement correspond à la première façon. La seconde, elle, ne semble pas avoir été considérée par nos gouvernants. Tout industriel sait qu’il doit adapter sa capacité de production à la demande de ses clients. Pourquoi l’hôpital ne pourrait-il pas faire de même ? »

Mais tous simplement parce qu’augmenter la capacité de traitement nécessite du temps, des investissements et, surtout de la formation des soignants, … toutes choses qui n’ont pas été prévues par les gouvernements précédents et qui ne se réalisent pas avec une baguette magique !

Il nous faut inventer un modèle hybride pour sortir du tout pyramidal et jacobin, plus intelligent et plus respectueux des Hommes : la gouvernance de l’intelligence collective

En un mot, on ne peut pas TOUT DECIDER DANS L’URGENCE !

Conseil de défense ou Conseil des ministres

Pourquoi privilégier le Conseil de défense au Conseil des ministres ?

C’est parce que le président de la République est confronté à l’incertitude qu’il a choisi de prendre ses distances avec la lourde et rigide machine qu’est le Conseil des ministres. En effet, pour faire face à l’incertitude, il faut être plus AGILE de façon à être en mesure de s’adapter rapidement aux évolutions de l’environnement. Ainsi, le Conseil de défense devient le lieu-clé des prises de décision les plus sensibles de l’exécutif.

Le Conseil de défense peut être réuni à la demande ; il se réunit sur un sujet précis ; il compte un effectif réduit et s’appuie sur une certaine diversité puisque des responsables ou des experts peuvent y être conviés pour aborder un sujet précis. Bien des similitudes avec la gouvernance de l’intelligence collective que je développe.

Voilà comment des décisions rapides peuvent être prises, sans s’embarrasser de la lourdeur des discussions inhérentes au fonctionnement normal d’un gouvernement : sortir des sentiers battus, une des compétences-clé face à l’incertitude.

Sauf que, bien sur, la méthode dérange ceux qui ne sont pas aux responsabilités. Le recours croissant à cet organe qui manquerait de transparence suscite des critiques. Mais n’est-ce pas le moment de revenir aux principes de base de la démocratie : la séparation des pouvoirs ? L’exécutif dirige et le Parlement légifère. En période d’incertitude, les palabres qui sont la marque de fabrique du Parlement n’ont plus leur place. D’un côté, le temps court pour l’exécutif, de l’autre le temps long pour le Parlement. Le Parlement contrôle l’action du gouvernement a posteriori, pas a priori !

Discuter ou réfléchir ?

« Le doute est le commencement de la sagesse. » Aristote ; Éthique à Eudème – IVe s. av. J.-C.

Discuter consiste à partager des idées sans rechercher forcément de convergence. C’est le cas du responsable qui entame une réunion avec une idée bien arrêtée et qui demande pour la forme aux personnels présents : « Qu’en pensez-vous ? » Compte tenu du système pyramidal, personne n’ose vraiment lui rétorquer que son idée est mauvaise. A contrario, la discussion est utile pour régler une difficulté dans une ambiance simple ou compliquée où l’on s’applique à résoudre rapidement un problème. Pris par le temps, la solution este prise dans la précipitation. Il s’agit en cela du fonctionnement normal de la structure. On discute, on trouve la solution, on applique.

Réfléchir est un mode d’action totalement différent, dès lors qu’il s’agit de se poser des questions et de chercher ensemble des réponses et des convergences. Dans ce cas, les réponses sont alors co-construites avec les idées des autres.

D’une façon schématique, on discute sur le coin d’une table alors que pour réfléchir il faut du temps et surtout de l’organisation afin d’éviter ce que l’on voit souvent dans les réunions, c’est-à-dire la manifestation de profils que vous reconnaîtrez sans doute : les bavards qui monopolisent la parole, les égocentriques qui tuent les idées qui ne viennent pas d’eux, les timides qui n’osent pas prendre la parole et le ping-pong qui est cette propension qu’ont ceux qui veulent répondre tout de suite à une idée à peine exprimée avec laquelle ils ne sont pas d’accord.

La co-construction est un travail de réflexion vraiment collectif qui permet de faire émerger l’intelligence collective qui n’est que le résultat de la co-construction.

Dans la co-construction, une dizaine de personnes apportent une vision plus complète sur le rôle de chacun au sein de l’organisation. Face au problème, chaque participant dispose de son point de vue ; le travail collectif permet alors de faire prendre conscience à tout le monde qu’il est nécessaire que chacun fasse évoluer ses perceptions. Voilà toute la différence fondamentale entre notre méthode et ses processus qui visent à juxtaposer les idées les unes à côté des autres et à les discuter.

L’illusion du « Je veux, je peux »

De l’illusion à la réalité pour changer des logique

J’avoue avoir cru en Emmanuel Macron lorsqu’il écrivait dans son livre Révolution, en 2016 :


• « Nous devons changer de logique profonde et refonder nos manières de penser, d’agir et de progresser »


• « Nous devons passer d’un système centralisé à un modèle qui permet à chacun de s’engager. Qui peut croire sérieusement qu’il est optimal de tout régenter depuis Paris ? »


• « Il faut donc que nous acceptions de sortir de cette idée que la loi doit tout prévoir, pour tous et dans toutes les situations »


Bel exemple de l’ILLUSION du « je veux, je peux ». Combien sont les responsables qui se heurtent à la même croyance ? Bien sur, c’est moins visible qu’à la tête de l’Etat quand on est au chaud dans son organisation.

« Changer de logique profonde et refonder nos manières de penser et d’agir », … c’est justement ce que j’apprends aux responsables, aux consultants et à tous ceux qui ont envie de … changer de logique.

L’excellence décisionnelle est étroitement liée à la culture de l’organisation

Créer une véritable intelligence collective requiert en effet certaines postures de management et l’existence d’un climat de confiance propice à libérer la parole des collaborateurs et à créer du sens dans leur travail.

Il est vrai que le poids de l’histoire et notamment tout ce qui fait que les organisations sont performantes aujourd’hui dans l’excellence opérationnelle peut créer un paradoxe car les managers doivent continuer à décider seuls pour les situations courantes mais accepter de faire exactement l’inverse dans les situations complexes.

Pour que l’excellence décisionnelle devienne une réalité dans ces cas de figure, la culture de l’entreprise doit intégrer des valeurs fortes telles que la transparence, le droit à l’erreur, la reconnaissance individuelle, l’écoute et l’humilité. La parole doit être non seulement libérée mais aussi distribuée car l’hybridation ne peut venir que d’un tour de table complet et pas uniquement des collaborateurs habitués à se mettre en avant. Chaque personne doit pouvoir s’exprimer car ce sont les talents de chacun qui créent l’intelligence collective.

Adopter une culture centrée sur cette dimension de co-construction est assurément l’avenir pour toutes les entreprises. Les managers n’ont pas nécessairement besoin de devenir des super-héros pour cela mais simplement de s’organiser pour consacrer suffisamment de temps à l’écoute de leurs équipes afin d’interagir avec elles de manière qualitative. C’est ainsi que les organisations pourront se recentrer sur la confiance et la revalorisation du sens au travail.

Toujours plus de la même chose

Jean Castex s’est déclaré premier ministre des territoires. Dont acte …

« Libérer les territoires, c’est libérer les énergies. C’est faire le pari de l’intelligence collective »

Des propos de Jean Castex qui sonnent juste, malheureusement les décisions et les actes ne suivent pas !!!

Facile de parler d’intelligence collective, la mettre en œuvre est bien plus complexe.

La volonté, c’est bien, mais le savoir-faire, c’est mieux !

« Dans cette époque où la volonté n’est plus enseignée et où l’on recours à des béquilles – médicaments, antidépresseurs , anxiolytiques, somnifères, tisanes, huiles essentielles, homéopathie, coachs, psy, conseillers en développement personnels, … – il faut rappeler que le VOULOIR EST UNE PUISSANCE qui se construit comme un outil efficace et performant. » M Onfray

C’est ce que Macron a démontré dans son livre de 2016 Révolution. Il a la volonté de mieux faire participer les français à la marche du pays.

Sauf que la volonté ne suffit pas comme en témoignent les deux tentatives courageuses qui se sont soldées par un échec – le Grand Débat – où par un demi-échec – la CCC.

Des lors, lorsque j’entends que le President veut reproduire les Conventions Citoyennes, les bras m’en tombent.
Bilan de la CCC :

  1. Aucune légitimité du tirage au sort par rapport aux élus,
  2. Coût exorbitant : 5 millions d’€,
  3. Réflexion hors sol, hors RÉALITÉ,
  4. Propositions essentiellement punitives.

C’est au niveau local qu’il faut associer les citoyens volontaires – et non tirés au sort – à la réflexion sur tous les sujets complexes.

Formez-vous a notre approche et vous comprendrez !

L’insécurité

Tous les majors de la politique se sont jetés ce week-end sur ce thème, avec un discours stéréotypé : « Des actes, des actes et des actes, demandent-ils au ministre de l’Intérieur. »

Mais combien ont vu que le problème ne se situe pas au niveau du ministre de l’Intérieur ? Sarkozy lui-même n’a pas eu un succès mémorable ! Gérard Larcher peut clamer que « cette politique n’est pas la nôtre. » Cette insécurité vient de loin et la droite n’a guère brillé sur le sujet au temps où elle était au pouvoir. Les discours martiaux sont quasiment sans effets.

Une vision holistique leur permettraient de changer de lunettes.!Ils verraient ainsi que le bât blesse essentiellement au niveau de la Justice … qui n’est toutefois pas responsable eu égard à la part budgétaire qui lui revient depuis des décennies. Encore qu’un amélioration du budget ne soit la panacée.

On a affaire à une déficience de la politique sécuritaire globale. Sauf que ces responsables politiques en sont encore et toujours à une pensée binaire … celle du yaka, YAKA agir ! Ne savent-ils pas que la performance opérationnelle résulte de l’excellence décisionnelle ?

Et les grands discours et toutes les allusions aux valeurs ne résoudront rien car il s’agit d’un sujet très COMPLEXE qui met en jeu non seulement le gouvernement et ses ministères, mais aussi le Conseil Constitutionnel et la Cour de Cassation et de bien autres intervenants.

Malheureusement, le volontarisme de l’exécutif dans la lutte contre l’insécurité ne suffira pas. Il faut plus que le vouloir, … il faut le savoir et le savoir, c’est la gouvernance de l’intelligence collective.

L’ordre républicain n’est ni de droite ni de gauche !!!