Ce qu’on voit et ce qu’on voit moins

Inventer un modèle hybride pour sortir de modèle pyramidal et féodal

Dans notre beau pays, il y a … ce que l’on entend dire et ce que l’on va bientôt entendre ou subir !   

On voit, d’un côté, des services hospitaliers surchargés, les personnels soignants débordés et les nombreux malades de la Covid. On entend les responsables expliquer sur les medias qu’ils font tout pour juguler le virus, contre vents et marées.

D’un autre côté, on voit moins les milliers d’entreprises qui vont peiner, voire disparaître en silence ; on leur distribue bien quelques subsides, pour se donner bonne conscience, mais, au final, on les laissera largement à leur sort.

Nous sommes en crise, et le propre de la crise est de révéler les faiblesses d’une organisation et de risquer d’en saper la légitimité … surtout lorsque l’exécutif s’enfonce dans un modèle pyramidal et jacobin, (je décide et tu exécutes) risquant ainsi de réveiller les envies de révolte, voire de révolution.

Sa tâche est pourtant bien plus difficile que ne le croient tous ceux qui, souvent à titre individuel, ont des solutions toutes faites. Il lui faut concilier les contraires (santé / économie) et parer à l’urgence qu’impose le virus et sa propagation. Le Président a la responsabilité de la santé des 66 millions de français.

Je ne résiste pas au plaisir de présenter le « YAKA » bien théorique d’un éminent professeur de management  : « … il y a deux façons de gérer un goulet d’étranglement : réduire les flux entrants, ou augmenter la capacité de traitement. Le confinement correspond à la première façon. La seconde, elle, ne semble pas avoir été considérée par nos gouvernants. Tout industriel sait qu’il doit adapter sa capacité de production à la demande de ses clients. Pourquoi l’hôpital ne pourrait-il pas faire de même ? »

Mais tous simplement parce qu’augmenter la capacité de traitement nécessite du temps, des investissements et, surtout de la formation des soignants, … toutes choses qui n’ont pas été prévues par les gouvernements précédents et qui ne se réalisent pas avec une baguette magique !

Il nous faut inventer un modèle hybride pour sortir du tout pyramidal et jacobin, plus intelligent et plus respectueux des Hommes : la gouvernance de l’intelligence collective

En un mot, on ne peut pas TOUT DECIDER DANS L’URGENCE !

Conseil de défense ou Conseil des ministres

Pourquoi privilégier le Conseil de défense au Conseil des ministres ?

C’est parce que le président de la République est confronté à l’incertitude qu’il a choisi de prendre ses distances avec la lourde et rigide machine qu’est le Conseil des ministres. En effet, pour faire face à l’incertitude, il faut être plus AGILE de façon à être en mesure de s’adapter rapidement aux évolutions de l’environnement. Ainsi, le Conseil de défense devient le lieu-clé des prises de décision les plus sensibles de l’exécutif.

Le Conseil de défense peut être réuni à la demande ; il se réunit sur un sujet précis ; il compte un effectif réduit et s’appuie sur une certaine diversité puisque des responsables ou des experts peuvent y être conviés pour aborder un sujet précis. Bien des similitudes avec la gouvernance de l’intelligence collective que je développe.

Voilà comment des décisions rapides peuvent être prises, sans s’embarrasser de la lourdeur des discussions inhérentes au fonctionnement normal d’un gouvernement : sortir des sentiers battus, une des compétences-clé face à l’incertitude.

Sauf que, bien sur, la méthode dérange ceux qui ne sont pas aux responsabilités. Le recours croissant à cet organe qui manquerait de transparence suscite des critiques. Mais n’est-ce pas le moment de revenir aux principes de base de la démocratie : la séparation des pouvoirs ? L’exécutif dirige et le Parlement légifère. En période d’incertitude, les palabres qui sont la marque de fabrique du Parlement n’ont plus leur place. D’un côté, le temps court pour l’exécutif, de l’autre le temps long pour le Parlement. Le Parlement contrôle l’action du gouvernement a posteriori, pas a priori !

L’illusion du « Je veux, je peux »

De l’illusion à la réalité pour changer des logique

J’avoue avoir cru en Emmanuel Macron lorsqu’il écrivait dans son livre Révolution, en 2016 :


• « Nous devons changer de logique profonde et refonder nos manières de penser, d’agir et de progresser »


• « Nous devons passer d’un système centralisé à un modèle qui permet à chacun de s’engager. Qui peut croire sérieusement qu’il est optimal de tout régenter depuis Paris ? »


• « Il faut donc que nous acceptions de sortir de cette idée que la loi doit tout prévoir, pour tous et dans toutes les situations »


Bel exemple de l’ILLUSION du « je veux, je peux ». Combien sont les responsables qui se heurtent à la même croyance ? Bien sur, c’est moins visible qu’à la tête de l’Etat quand on est au chaud dans son organisation.

« Changer de logique profonde et refonder nos manières de penser et d’agir », … c’est justement ce que j’apprends aux responsables, aux consultants et à tous ceux qui ont envie de … changer de logique.

La volonté, c’est bien, mais le savoir-faire, c’est mieux !

« Dans cette époque où la volonté n’est plus enseignée et où l’on recours à des béquilles – médicaments, antidépresseurs , anxiolytiques, somnifères, tisanes, huiles essentielles, homéopathie, coachs, psy, conseillers en développement personnels, … – il faut rappeler que le VOULOIR EST UNE PUISSANCE qui se construit comme un outil efficace et performant. » M Onfray

C’est ce que Macron a démontré dans son livre de 2016 Révolution. Il a la volonté de mieux faire participer les français à la marche du pays.

Sauf que la volonté ne suffit pas comme en témoignent les deux tentatives courageuses qui se sont soldées par un échec – le Grand Débat – où par un demi-échec – la CCC.

Des lors, lorsque j’entends que le President veut reproduire les Conventions Citoyennes, les bras m’en tombent.
Bilan de la CCC :

  1. Aucune légitimité du tirage au sort par rapport aux élus,
  2. Coût exorbitant : 5 millions d’€,
  3. Réflexion hors sol, hors RÉALITÉ,
  4. Propositions essentiellement punitives.

C’est au niveau local qu’il faut associer les citoyens volontaires – et non tirés au sort – à la réflexion sur tous les sujets complexes.

Formez-vous a notre approche et vous comprendrez !