Et si on finissait par opter pour la démocratie mixte?

En résumé, il s’agit de donner à des citoyens volontaires, la possibilité de participer à des réflexion collectives sur des sujets locaux, pour apprendre. Ils prennent part ainsi à la vie politique en dehors des élections et deviennent ainsi des acteurs avertis.

« … Nous avons à bâtir un nouveau contrat social mais aussi une autre efficacité en quelque sorte de l’action publique collective pour rebâtir la confiance dans la nation » Emmanuel Macron 31 décembre 2018

Je vous propose de commencer par un tour d’horizon rapide pour clarifier les esprits.

Démocratie représentative

Il s’agit de la démocratie la plus courante. En France, elle repose aujourd’hui sur la Constitution de 1958 et ses différentes élections. Les citoyens par leur vote choisissent un représentant à qui ils confient leur destinée, … ce qu’ils acceptent de moins en moins !

Démocratie participative

On parle de management participatif dans les organisations et de démocratie participative (ou collaborative) de longue date avec une succession de mots : partage, horizontalité, bienveillance, … sans grand succès ! Pour preuve, les colères successives des maires, des gilets jaunes, des policiers, des retraités, des infirmières, … Toutes ces colères ont la même cause, … l’absence d’écoute réelle et bien plus.

Démocratie directe

C’est celle que De Gaulle avait voulu en demandant l’élection directe du Président par tous les français. Seulement lui, il savait associer étroitement Pouvoir et Responsabilité. Il a été désavoué une fois, il est parti. En revanche combien parmi les anciens présidents ont , malgré les débâcles électorales subies durant leurs mandats, occulté les conséquences politiques ? Tous.

Démocratie mixte

La démocratie mixte est une démocratie équilibrée, elle repose sur la formule : « Toute organisation a besoin d’ordre pour durer et de désordre pour évoluer ». A côté de l’ordre établi, il s’agit d’organiser un certain désordre pour faire, enfin, émerger l’intelligence collective des parties prenantes.

Il devient nécessaire de revitaliser notre démocratie représentative et de changer les règles du jeu démocratique au profit d’un plus grand nombre. Or, on sait maintenant qu’il est possible de mesurer l’intelligence propre des groupes et on en connait les critères : la sensibilité sociale, la diversité, la présence féminine et la distribution de la prise de parole.

Encore faut-il avoir recours à une vraie méthodologie et à un processus original pour changer de paradigme et mettre en oeuvre l’ensemble de ces critères. C’est un processus contre-naturel que nous apportons aux responsables qui sont volontaires pour découvrir la notion ‘intelligence collective.

La démocratie MIXTE que je propose, loin de s’opposer aux fondements de la représentation, se présente comme forme complémentaire de préparation des décisions, conservant l’importance de l’élu, mais associant plus largement et plus directement les citoyens à la co-construction de l’intérêt général.

En résumé, il s’agit de donner à des citoyens volontaires, la possibilité de participer à des réflexions collectives sur des sujets locaux, pour apprendre. Ils prennent part ainsi à la vie politique en dehors des élections et deviennent ainsi des acteurs avertis.

PS : je parlerai une autre fois du RIC : respiration démocratique ou risque démagogique  ?

Colère des maires et colère des gilets jaunes

La colère des maires a devancé la colère des gilets jaunes. Toutes deux ont la même cause : l’absence d’écoute, … et bien plus.

La révolte des « gilets jaunes » n’en finit pas. Elle a mis en évidence la FRACTURE TERRITORIALE et la GOUVERNANCE POLITIQUE.

La solution de sortie de crise proposée par le gouvernement est précisément de renvoyer les débats aux arènes locales, c’est bien … mais sans processus de réflexion collective, le résultat a toutes les chances d’être décevant.

Les maires sur le départ évoquent une grosse fatigue démocratique, bon nombre de départs sont motivés par le fait qu’ils ont suffisamment contribué au bien commun. Il leur faut acquérir une NOUVELLE FAÇON DE FAIRE.

Les élus et les maires gagneraient à s’intéresser à la DÉMOCRATIE MIXTE dans leur collectivité. POURQUOI ? Parce que l’échelon communal est le seul garde-fou institutionnel.

C’est quoi la démocratie MIXTE ? C’est la conciliation de la démocratie représentative (Ordre) ET de la démocratie participative (Chaos intelligent … réflexion collective, co-construction, émergence). La démocratie participative est une démocratie de processus, il s’agit d’une NOUVELLE FAÇON DE FAIRE ENSEMBLE.

Ils’agit d’accepter de prendre du TEMPS pour réfléchir ensemble, co-construire et réconcilier les parties prenantes. Et surtout avec de bons processus !

Ah la complexité !

Comment Jean-Jacques Bourdin montre qu’il n’a rien compris à la complexité !

Les questions simples et les réponses simples, c’était pour le siècle dernier.

Heureusement Macron va lui montre ce qu’est une vision holistique et systémique, indispensable pour répondre à la complexité.

Faire émerger l’intelligence collective des équipes

Formation à la Bastille : prémonitoire ?

Hier, lundi de Pâques, je filais vers Paris pour participer à l’inauguration de la nouvelle formation de l’Académie de l’Intelligence Collective Mondiale animée par mon maître en la matière Olivier Zara.

J’organise la même action à Nancy le mardi 10 avril prochain. D’autres suivront à Nancy, à Strasbourg, à Metz, à Reims, à Besançon, à Dijon, … et plus, si on me sollicite.

A quoi sert cette formation ?

Apprendre et pratiquer une méthode puissante pour atteindre l’excellence de la prise de décision dans les situations complexes.

Ah, j’ai omis de dire que cette formation est réservée aux personnes curieuses exclusivement !

Que ceux qui souhaitent continuer à faire comme toujours continuent.

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Les heureux formés ?

Ainsi, hier, lundi de Pâques, une trentaine de curieux : cadres, consultants et coachs ont été formés à cette merveilleuse approche qui facilite la vie des dirigeants et des managers.
Ici, on parle de responsables heureux, … pas de bien-être ou de bonheur au travail.
Encore faut-il être CURIEUX !

Apprendre à concilier Ordre et Désordre

Autrefois, … c’était il y a déjà 10 ans, j’ai plutôt été reconnu comme un bon manager. Je mettais en oeuvre des démarches qualité, avec objectifs, valeurs et vison partagés, j’appliquais des méthodes collaboratives et participatives … mais elles restaient malgré tout top-down, avec un fil conducteur caractérisé par le contrôle et la maîtrise de l’incertitude. C’est ce que nous appelons l’Ordre, c’est ce que vous faites au quotidien dans vos organisations.

Toute organisation a besoin d’ordre pour DURER et de désordre pour S’ADAPTER

Puis j’ai découvert la notion de désordre grâce à la formule de Bernard Nadoulek.

Alors ce désordre pour s’adapter ? Il s’agit bien sûr du désordre intelligent. Il est nécessaire pour maîtriser la complexité. C’est un levier qui va permettre d’apprendre à travailler autrement ensemble, à favoriser l’écoute et une meilleure compréhension mutuelle. Une approche qui permet de valoriser les collaborateurs, de les faire grandir et de détecter les talents. Une approche enfin qui va permettre à l’organisation d’être plus agile face aux évolutions des environnements.

Ce désordre intelligent repose sur la capacité à co-construire et c’est la co-construction qui crée de l’adhésion à tous les niveaux de l’organisation et permet de voir émerger l’intelligence collective ! 

Chenille Papillon (2)

Co-construction et culture managériale (2)

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Hier, je vous ai quitté sur le constat incontournable qu’il existe bien au sein de chacune des organisations une pluralité de points de vue, c’est pourquoi nous disons que l’entreprise/l’organisation est complexe.

Découvrir la complexité

Il faut donc aujourd’hui distinguer ce qui ressort de l’ordre pour durer (l’action, l’opérationnel, le compliqué) et ce qui mérite d’être traité par le désordre pour s’adapter (la co-construction, le complexe). D’où notre approche management paradoxal !

Or face à la complexité, face à un sujet complexe, un responsable averti doit avoir l’humilité de savoir qu’il ne sait pas. C’est pourquoi, il lui est vivement conseillé  d’apprendre à co-construire … encore faut-il savoir déterminer sur quels sujets il serait bon de lancer une co-construction. Car, je l’ai déjà dit, la co-construction nécessite du temps. et pendant qu’on fait cela … on ne fait pas autre chose (approche paradoxale).

Deux difficultés majeures

Je recense deux difficultés pour co-construire sérieusement : les participants/parties prenantes sont souvent prisonniers du système relationnel traditionnel et enclins à reproduire certains jeux (méfiance, concurrence, compétition, …). de plus, ils ont chacun leur conscience individuelle faite d’a priori, d’idées préconçues, de préjugés, d’habitudes, de croyances, de certitudes, …

Jeux de pouvoir

Mais la démarche de co-construction n’élimine pas les jeux de pouvoir. Il ne suffit pas de souhaiter que les participants s’écoutent et qu’ils apportent des contributions à la réflexion collective pour obtenir une bonne co-construction. Encore faut-il que chacun accepte de faire évoluer sa position en reconnaissant les arguments des autres participants, sans se sentir lésé.

Face à ces difficultés bien réelles, les Hommes sont souvent démunis.  C’est tout l’intérêt de notre processus qui « remplace » en quelque sorte les Hommes qui prétendent organiser la co-construction sans processus et qui influencent la réflexion collective (coach ou consultants). Notre processus organise les échanges et les confrontations. Ainsi, nous pouvons, en moins de quatre heures, dans n’importe quelle organisation …

Faire émerger une vision partagée, prendre une décision éclairée par l’intelligence collective et créer les conditions d’un changement accepté

Dans le creuset que constitue le temps de la co-construction, les échanges sont des opportunités pour un partage des points de vue, des questionnements qui provoquent un enrichissement mutuel et font émerger une meilleure vision partagée (élévation de la conscience collective).