Résilience, le nouveau mot à la mode

Il y a longtemps, … lorsque j’étais actif et que j’avais découvert et mis en œuvre les travaux de Grégory Bateson, figure de proue de l’École de Palo Alto, il distinguait déjà deux types de changement dans les systèmes humains : le changement qui intervient à l’intérieur d’un système, qu’il nomme le changement 1, et le changement qui affecte et modifie le système lui-même, qu’il appelle le changement 2. Je savais de longue date que le changement était un processus complexe et paradoxal.

S’agissant aujourd’hui de la résilience, deux approches inspirées des changements 1 et 2 de Bateson peuvent servir à la réflexion : après la crise du COVID 19, la résilience de type 1, qui consiste à retrouver a minima un fonctionnement proche du fonctionnement antérieur, et la résilience de type 2, qui consiste à engager une transformation pour tenir compte de l’expérience et ainsi gagner en agilité, en engagement et surtout en confiance réciproque.

Apprendre à penser et agir autrement

La mise en œuvre de la résilience 2 implique nécessairement un processus d’apprentissage complémentaire, lequel portera sur la découverte de nouveaux savoir-faire. En effet, si « nous sommes ce que nous avons appris », nous pouvons évoluer en apprenant encore et toujours, et surtout en pratiquant ce que nous avons nouvellement appris.

Dans la perspective d’une résilience de type 2, il s’agit d’avoir l’ambition de créer une nouvelle culture managériale. Tel est l’objet de la gouvernance de l’intelligence collective avec la compréhension de la dialogique, la co-construction et son changement de paradigme.

A tous ceux qui me répondent « On le fait déjà », j’ai une seule question à leur poser … Avez-vous déjà participé à une réunion de dix personnes qui commence par 50 ou 80 questions posées spontanément par les participants ??? C’est le temps nécessaire pour rapprocher les points de vue sur un sujet complexe en début de réunion.

On peut se demander légitimement pourquoi, malgré Bateson et tous les consultants, sociologues et autres, les multiples réformes dans l’Administration nationale, les divers remèdes au chômage toujours croissant, les mesures pour réduire les dépenses de santé qui témoignent de l’inefficacité des solutions traditionnelles pour générer de véritables évolutions dans un système pyramidal. Ce système qui est le meilleur pour faire appliquer les décisions, mais le plus mauvais pour prendre les décisions complexe.

Mêmes les deux tentatives de notre Président ne sont pas les bonnes : Grand Débat, grand fouillis, du fait du manque de méthode, et Convention Citoyenne pour le Climat qui nécessite un budget énorme (5 millions d’euro) et surtout qui décrédibilise la démocratie représentative.

Ravage du modèle pyramidal multi-séculaire

Le chacun pour soi. Coopération nulle. Ou est l’intelligence collective ???

Découvrez la gouvernance de l’intelligence collective !

Ici, la concurrence stérile :

l’Assemblée nationale a mis en route SA commission d’enquête destinée à « tirer les leçons » de la crise du coronavirus. Elle va durer un mois.
Normal ? Oui, sauf que … Le Sénat a aussi prévu SA commission d’enquête, à la fin du mois.

N’ont-ils rien de mieux à faire ???

Autre exemple de pyramides qui peinent à bien coopérer :

Entre Etat et régions, tension maximum.

Emmanuel Macron veut donner plus de liberté aux régions mais qu’elles prennent plus de responsabilités.

Partage du pouvoir

J’entends et je lis ici et la qu’il faudrait partager le pouvoir !
C’est une belle bêtise de partager le pouvoir … car le pouvoir entraine la responsabilité de celui qui le détient.
Qui sera donc responsable si on partage le pouvoir ???

Avec notre approche, pas question de partager le pouvoir, mais d’apprendre aux responsables à associer les collaborateurs ou citoyens à la réflexion collective amont de la décision. Et ça change TOUT : plus de SENS, plus de CONFIANCE, plus d’AGILITE, plus d’ENGAGEMENT.

L’illusion des présidents de région

Un journal rapportait récemment … «Ceux-ci pensent qu’ils peuvent « doubler » le gouvernement qu’ils jugent « trop lent » et pas suffisamment « agile » et « pragmatique ». « Peut-on aller plus vite que l’État ? » se demandent-ils.

Voilà l’organisation pyramidale dans toute sa splendeur : dans une concurrence / compétition permanente, chaque échelon subalterne est persuadé qu’il peut faire mieux que l’échelon supérieur ! Ce n’est pas nécessairement inexact ici ou là. Mais c’est bien la rigidité des organisations qui les empêchent de s’adapter, et cette rigidité est tout le contraire de l’agilité.

Ils sont dans les jeux de pouvoir, les croyances et préjugés, les biais cognitifs, … leur niveau de conscience les aveugle.

Mais ont-ils conscience, ces présidents de région, que les conseils départementaux risquent de partager le même point de vue à leur égard … et à leur dépend sur bon nombre de sujets communs.Et que dire du dernier échelon, les communes. Ne pensent-elles pas souvent qu’elles déplorent l’inertie des départements, régions et de leurs institutions pour une meilleure réponse aux problèmes de leur commune.

Chacun est toujours persuadé qu’il ferait mieux que l’autre (biais de surconfiance)
Et que dire des citoyens mécontents … ?

Pour sortir de cette compétition permanente et souvent stérile, en France comme en Europe, il est nécessaire de faire évoluer sa vision avec la gouvernance de l’intelligence collective : plus de sens, de confiance, d’agilité et d’engagement durable.

Et si je vous disais que je ne jette pas le modèle pyramidal pour autant !!!

Penser autrement

Mine de rien, ce petit virus est en train de bousculer nos convictions personnelles ainsi que nos valeurs collectives. Il est grand temps de penser et d’agir AUTREMENT, collectivement, pour résoudre tous nos problèmes du moment, sans les reporter sur les générations suivantes.

Penser autrement, individuellement, c’est être capable de penser par soi-même pour s’extraire des dogmes religieux, philosophiques ou même scientifiques.
Mais surtout, pour être capable de mieux distinguer le vrai du faux. En effet, aujourd’hui n’importe qui peut publier n’importe quoi en lui donnant l’apparence d’être vrai.

L’école (et les média) apprend beaucoup : à travailler dur, à retenir ce qu’on nous apprend, à avoir de bonnes notes, à réussir nos examens pour réussir dans la vie … J’y suis passé avec succès.
Hélas, … ce que l’école ne nous apprend pas, c’est de remettre en question ce que nous avons appris.

« La capacité a comprendre ou à penser différemment est plus importante que le savoir acquis » D Bohm 1993

Édouard Philippe au bout du rouleau ?


Je n’y crois pas les difficultés forgent le caractère. A force de travail, d’écoute et de consultations, il n’a jamais été aussi percutant et sur de lui. Il a compris que, même en zone d’incertitude, un chef devait prendre des décisions, mais que celles-ci devaient tenir compte de l’incertitude quant à la vivacité du virus. De ce fait, il donne l’impression de faire de l’ombre au président.


Mais Macron perdrait beaucoup en le priant de laisser sa place. Il perdrait l’homme et combien de sénateurs et de députés et … d’électeurs ????
A mon humble avis, ce serait une grave erreur de jugement.

Toute décision, en particulier politique, prise dans un contexte d’incertitude est difficile à prendre, car complexe, et a forcément une portée limitée dans le temps. Elle peut – et doit – être remise en cause dès lors que la situation change.
Dans l’incertitude qui caractérise le moment que nous vivons, le premier Ministre a eu le courage d’annoncer des décisions en précisant qu’elles pouvaient être remise en cause en fonction de la REALITE de l’agressivité du virus et donc du comportement des français !

Voilà pourquoi nous avons formé et nous formons des centaines de dirigeants, des managers, des consultants et des coachs à notre méthode qui permet de prendre des décisions dans la complexité et l’incertitude !

Déclaration d’intention

Je me suis amusé à compulser les déclarations des candidats aux municipales. L’envie de faire participer est présente, encore leur faudrait-il le SAVOIR FAIRE !

« L’élection municipale de 2020 doit marquer le début d’une aventure humaine. Cette belle aventure collective et inédite sera fondée sur des relations de confiance retissées grâce à une nouvelle équipe municipale.
Le maire a la responsabilité d’être attentif à chacune et à chacun. Un maire agit pour améliorer la vie quotidienne de ses concitoyens, dynamiser sa ville et définir un cap clair avec son équipe. Je serai ce maire sincère et responsable dont XXX a besoin.
Nous assurerons à chacun le droit le plus élémentaire à la sécurité et à la tranquillité. Nous ferons respecter la loi pour une ville plus propre, plus sûre et sereine. Nous construirons les solidarités nouvelles pour garantir à tous les conditions d’une vie digne et défendre votre pouvoir d’achat. Nous protégerons les plus vulnérables par une ville plus humaine. Chaque âge de la vie sera accompagné pour garantir l’accès aux droits et promouvoir l’autonomie. Par la culture et le sport, nous favoriserons l’épanouissement des plus jeunes. Nous soutiendrons les personnes âgées et les aidants. Nous encouragerons le lien inter-générationnel.
Notre ambition, réussir ensemble une transition écologique planifiée et faire de XXX une ville exemplaire pour l’écologie pour protéger chacun, notamment les plus fragiles, des effets du réchauffement climatique, pour mieux se déplacer et jouir d’une qualité de vie confortée.
Nous défendrons XXX comme lieu de vie et d’activités qui redonne la parole aux habitants, qui retrouve le dynamisme de son centre-ville, qui rayonne par sa culture, ses clubs sportifs et ses associations. Nous ferons enfin entendre votre voix à la Métropole.
Je souhaite votre confiance. »

C’est beau, n’est-ce-pas ? La réalité est autre.

Toujours la pensée binaire

Le débat sur le tracking est lancé … d’ici, j’aperçois un débat théorique entre les tenants de la liberté et ceux de la sécurité (pensée binaire) … qui va faire exploser la modeste cohésion existante.
Pour être efficace, l’acceptation du tracking doit accorder en échange la liberté de circuler, voilà tout.

De toutes part, on en vient souvent à l’affrontement. En politique par exemple ….

La crise sanitaire ravive les tensions entre chaînes privées et publiques

Et pourtant nous aurons à concilier mondialisation et de dé-mondialisation pour se protéger, et croissance et décroissance pour sauver l’Homme … bref, à chaque fois, des points de vue différents vont s’affronter.

Sauf s’ils se décident à découvrir la pensée complexe et la co-construction !

On est loin de la morphine pour prolonger le Néo-taylorisme, je veux parler des post-its !

Covid et communauté de destin

Avant le COVID, nous vivions déjà dans une société peu armée pour affronter l’incertitude et la complexité. Nous vivions dans une société qui multipliait les égoïsmes et détruisait les solidarités.

Le COVID est en train de nous faire – peut-être – prendre conscience qu’en fait, nous sommes vraiment une communauté de destin.

Espérons que la fin de la pandémie – si elle advient – ne nous fera pas retomber dans l’ornière, ce serait tellement facile de reprendre toutes les habitudes, les bonnes et les moins bonnes.

Tout le monde parle de changement de paradigme. A mon sens, le premier pas pour comprendre le changement de paradigme réside dans l’éducation de l’Homme, dans l’actualisation de ses connaissances.

La crise doit conduire à un changement de la relation entre les Hommes.

Pour ce faire, il faut, partout, enseigner la complexité et la pensée complexe. En effet, combien de nos compatriotes, hommes politiques, journalistes ou simples citoyens en sont encore à la pensée simple et binaire … et à l’égocentrisme.

Un citoyen qui aura compris la complexité … deviendra réellement majeur. Pourquoi me direz-vous ? Parce qu’il comprendra alors mieux ce qu’il sait et … ce qu’il ne sait pas. Il ne singera plus ces hommes prétentieux qui croient tout savoir alors qu’ils confondent leurs ressentis et leurs croyances avec la connaissance. Ces individus pullulent sur les réseaux sociaux.

De même, un responsable qui a compris la complexité ne décidera plus de la même manière que celui qui l’ignore. Il sait qu’il doit s’accorder du temps pour construire, mieux co-construire ensemble une vision holistique et systémique.

Bref, diriger avec la complexité n’est pas une option, mais un impératif éthique et pragmatique. Éthique, parce que toute décision affecte la vie d’autres hommes, voire de communautés entières. Pragmatique, car elle améliore l’efficacité des décisions.

Apprendre à traiter la complexité permet de développer la confiance dans les équipes. Or, la confiance constitue le facteur clé de la performance dans le monde complexe et incertain que tous les responsables investis d’un pouvoir auront de plus en plus à affronter.

La crise pose aussi en termes nouveaux la question démocratique.

Espérons que nos dirigeants politiques et économiques comprendront leur devoir moral qui va dans le sens de leur propre intérêt.

Stock de crise

Les stocks du temps de crise assurent l’autonomie des gouvernants lorsqu’une crise survient. Ce n’est pas quand il pleut qu’on dégage les ressources pour acheter un parapluie.

Encore faut-il s’accorder sur la menace et sur la réponse qu’on veut lui apporter COLLECTIVEMENT.

Bien sûr, constituer un stock de crise n’est pas un jeu d’enfant. Sont nécessaires :

Un, un accord politique national – gouvernement, mais aussi députés et sénateurs qui voteront un budget. Cet accord doit donc porter sur les articles et le volume à entretenir.

Deux, la désignation d’un gestionnaire de stock qui, en permanence s’assurera du bon niveau du stock, compte-tenu des consommations et dû vieillissement du stock.

Trois, l’établissement de règles qui définissent les conditions de distribution occasionnelle ou générale.

Dans le cas du Covid, rien de tous cela n’avait été fait :

⁃ Accord national : néant

⁃ Gestionnaire : néant

⁃ Règles de gestion : néant

Le gouvernement a donc été surpris par le Covid. Et, contrairement à l’Allemagne, la fourmi, il n’a pas disposé instantanément du matériel nécessaire !

Acheter des respirateurs ou des masques au moment où tous les pays font de même … une folie.

Si vis pacem, para bellum !